Les petites morsures, les blessures.
J'écris ma peur, mon manque d'amour,
J'écris du c½ur, mais c'est toujours
Sur ce que je n'ai pas pu dire,
Pas pu vivre, pas sus retenir.
J'écris en vers et contre tout.
C'est toujours l'enfer qui me pousse à jeter l'encre sur le papier,
La faute sur ceux qui m'ont laissé.
Ecrire c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé.
On n'écrit pas sur ce qu'on aime,
Sur ce qui ne pose pas de problème,
Voilà pourquoi je n'écris pas sur toi,
Rassure toi !
Moi j'écris sur ce qui me blesse,
La liste des forces qui me reste,
Mes kilomètres de vie manqués,
De mal en prose, de verres brisés.
J'écris comme on miaule sous la lune,
Dans la nuit je trempe ma plume.
J'écris l'aspect, j'écris l'absence,
J'écris la pluie pas le beau temps.
J'écris ce qui ne ce dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits.
Ecrire c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir ;
On n'écrit pas quand on manque de rien,
Qu'on est heureux, que tout va bien,
Voilà pourquoi je n'écris pas sur toi,
Rassure toi !
J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la vautre,
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau.
J'écris à l'encre indélébile,
Ca me parait plus difficile
De le dire à tous plutôt qu'à un,
Et d'avoir le mot de la fin.
Il faut qu'elle soit partit déjà,
Pour écrire ne me quitte pas,
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne me dire qu'il s'en va.
On n'écrit pas les choses qu'on a,
Pas de chanson d'amour quand on en a.

